3 février 2012 - Montréal, comme toute grande ville, n’échappe pas à son évolution. Au fil des ans, ses quartiers changent, se réinventent au gré de ses ambitions ou de celles de ses citoyens. Certaines époques sont toutefois le théâtre de transformations plus marquantes que d’autres. À Montréal, ce fut notamment le cas entre les années 1950 et 1975 alors que la métropole et le monde occidental en général étaient en pleine ébullition, propulsés par le vent de modernisation qui soufflait sur la planète à la suite de la Deuxième Guerre mondiale.
Confrontée à l’insalubrité de plusieurs quartiers et animée par sa volonté de s’affirmer au monde entier par le biais de grandes réalisations, Montréal entreprend une cure choc pour s’affirmer comme une ville en phase avec l’avenir. Commence alors une rénovation urbaine d’une envergure encore jamais vue ici. Des milliers de résidences sont démolies et des quartiers entiers, rasés pour faire place à du nouveau, à du renouveau. Le travail est fait méthodiquement. Très méthodiquement. Chaque maison, chaque commerce, chaque bâtiment à démolir est systématiquement photographié et numéroté et les données sont archivées, puis plus ou moins oubliées.
Aujourd’hui, l’exposition Quartiers disparus ramène ces documents à l’avant-scène pour nous permettre de découvrir avec fascination cette période de métamorphose extrême de la ville. Ponctuée par les commentaires d’urbanistes, d’architectes et d’ingénieurs d’hier et d’aujourd’hui, l’exposition nous explique le contexte, le pourquoi et la nécessité de la chose. Révélation surprenante de notre mémoire collective, l’événement nous incite aussi à nous questionner sur notre engagement dans le processus d’évolution de notre ville, fut-elle Montréal ou autre. Une aventure urbaine saisissante et riche en matière à réflexion pour tout citoyen, tout citadin.