Nincheri. Profane

© Gilles Rivest - Musée du Château Dufresne© Musée du chateau Dufresne - Musée du chateau Dufresne
 
© Gilles Rivest - Musée du Château Dufresne

5 juillet 2010 – Figuratif, narratif ou abstrait, le vitrail est le symbole par excellence de l'art religieux. Entre les mains du maître verrier Guido Nincheri, c'est toutefois un caractère résolument profane qu'il revêt, au grand bonheur des amateurs du genre. Et gageons qu'ils seront nombreux, cet été, à explorer les coulisses de l'exposition Nincheri. Profane, à l'affiche au Château Dufresne jusqu'au 12 septembre prochain.

Dans ce haut lieu de la bourgeoisie canadienne-française – classé monument historique en 1976 – les vitraux, mais aussi les toiles et les fresques du grand Nincheri côtoient les châssis et les planchers aux essences de bois exotiques et les escaliers de marbre importé d'Italie, attestant indéniablement la soif d'élégance et d'esthétisme de la nouvelle classe bourgeoise montréalaise d'antan.

Qualifié « d'œuvre profane la plus importante au Canada », le décor du Château Dufresne est déjà en soi une véritable excursion dans l'inspiration du maître verrier d'origine toscane. Mais comme Montréal est réputée pour sa générosité et pour la place privilégiée qu'elle accorde à l'art, c'est une surprise de taille qui attend les visiteurs dans le cadre de l'événement Montréal, Ville de verre : la réouverture dominicale du studio de vitrail de Nincheri, véritable joyau du patrimoine montréalais. Des maquettes d'œuvres aux cartons qui ont servi à la confection de verrières, en passant par l'ancien four à cuisson du maître ou encore la technique de fabrication des vitraux, l'atelier lève le voile sur l'inspiration et la créativité de cet artiste prolifique qui a produit pas moins de 5 000 verrières, disséminées en Amérique du Nord. Une dernière surprise (et non la moindre) : la visite est commentée par nul autre que le petit-fils de l'artiste, Roger Nincheri. Suivez le guide!