L’architecture de Montréal se caractérise par une juxtaposition de l’ancien et du moderne et d’un large éventail de styles remontant à 1685. Outre quatre établissements d’études supérieures (Université McGill, Université de Montréal, Université Concordia et Université du Québec à Montréal) offrant des programmes d’études en architecture, en design intérieur et industriel et en planification urbaine, Montréal compte également le Centre canadien d’architecture (CCA), un fer de lance international quant à la promotion des connaissances, de l’apprentissage et des débats en matière d’architecture – histoire, théories, méthodes, rôle social. En somme, Montréal sait parfaitement en quoi l’environnement bâti constitue encore le reflet de son développement au XXIe siècle. Comme vous le constaterez, les immeubles de Montréal et les architectes qui les ont conçus s’inscrivent dans un mouvement de diversité qui ne cesse de prévaloir aujourd’hui, procurant à la ville une toile de fond parfaitement adaptée au caractère multiculturel de sa population.
Si vous souhaitez découvrir l’architecture de la ville à bicyclette, tournez-vous vers Ça roule Montréal. L’entreprise propose différents circuits en compagnie de guides expérimentés en mesure de vous renseigner sur le milieu bâti de la ville.
Si vous préférez effectuer l’itinéraire architectural de Montréal à pied, consultez l’horaire de Guidatour, qui offre des visites du Vieux-Montréal et des secteurs environnants durant tout l’été.
NAISSANCE D’UNE VILLE INSULAIRE
Amorcez de bonne façon votre visite architecturale du Vieux-Montréal en situant la ville d’après ses racines archéologiques au Musée d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière, lieu historique national érigé sur les vestiges du berceau de la ville. Depuis 1992, le musée, qui intègre une technologie de pointe, propose une authentique visite archéologique sur l’évolution de la ville depuis le XIVe siècle, époque à laquelle les autochtones occupaient l’île de Montréal, jusqu’à nos jours. Vous y découvrirez notamment des artéfacts autochtones, le premier cimetière catholique de la ville de même que son premier marché. Vous pourrez également assister à une présentation multimédia redonnant vie au passé de Montréal.
Au deuxième étage du musée, pénétrez dans l’espace lumineux de L’Arrivage, restaurant doté d’une fenestration panoramique offrant une vue magnifique sur le Vieux-Port et Habitat 67, complexe d’habitations formé de cubes superposés conçu par Moshe Safdie dans le cadre de l’Exposition universelle de 1967. Bien que le complexe Habitat 67 soit construit à la Cité du Havre, étroite péninsule située à proximité du port de Montréal, la plupart des pavillons de l’Expo 67 se trouvent sur l’île Sainte-Hélène et l’île Notre-Dame, y compris le pavillon des États-Unis (aujourd’hui la Biosphère, musée de l’environnement), l’une des plus imposantes sphères géodésiques du monde, et le pavillon de la France (qui abrite maintenant le Casino de Montréal), structure tourbillonnaire futuriste faite d’aluminium.
À un jet de pierre du Musée Pointe-à-Callière, le Centre d’histoire de Montréal occupe un immeuble rénové datant de 1903 qui abritait autrefois une caserne de pompier. Bien qu’il possède une architecture typique de l’époque victorienne et édouardienne, le Centre intègre différents styles architecturaux, dont un profil d’inspiration flamande. De nos jours, le Centre est pour Montréal un lieu d’exposition et le siège de l’apprentissage de l’histoire et du patrimoine.
La place publique située en face du Centre est la place D’Youville. Aménagée au-dessus du lit de la petite rivière Saint-Pierre, canalisée en 1832, cette place offre une synthèse historique étonnante. Un obélisque érigé en 1894 y rappelle les pionniers fondateurs de Montréal. Du côté sud, entre les rues Normand et Saint-Pierre, on y voit l’ancien hôpital des Sœurs grises datant du XVIIIe siècle de même que les écuries D’Youville, l’un des premiers immeubles plus anciens du secteur à connaître l’embourgeoisement. L’endroit est agrémenté d’une cour ombragée et de jardins et jalonné de restaurants et de bureaux.
Lorsque vous aurez pleinement goûté au charme de ce lieu historique, pourquoi ne pas aller prendre une bouchée chez Vallier ou chez Holder, deux établissements situés à proximité. Vallier propose une cuisine française et québécoise classique dans l’atmosphère chaleureuse typique d’un café et un décor contemporain ponctué d’éléments rétro. Quant au bistro Holder, il rappelle ces grandes brasseries européennes où il fait bon se retrouver pour se restaurer dans une ambiance conviviale.
LES YEUX TOURNÉS VERS LE CIEL
Après le déjeuner, marchez vers le nord dans la rue McGill en direction de la Tour de la bourse, construite en 1964, qui se dresse d’imposante façon. Arrivé au square Victoria, où s’élève la statue de la reine Victoria, prenez le temps d’examiner ce monument qui date de 1872, œuvre du sculpteur anglais Marshall Wood ainsi que l'entrée du métro orné d’un ouvrage de style art nouveau, réalisé par Hector Guimard en 1900, remis à la ville de Montréal par la ville de Paris lors de l’Exposition universelle de 1967.
En direction est maintenant dans la rue Saint-Jacques, jadis principale artère financière du Canada, dirigez-vous vers l’ancien siège social de la Banque Royale du Canada, construit entre 1926 et 1928. Cet édifice de 22 étages de style renouveau néoclassique possède une structure d’acier et il est recouvert de calcaire gris. L’encadrement des portes en marbre de Levanto est orné de motifs décoratifs en bronze représentant des pièces de monnaie canadiennes et britanniques; l’ensemble est surmonté par les armoiries du Royaume-Uni.
De l’autre côté de la rue est situé le Centre de commerce mondial, complexe multifonctionnel aux nombreuses façades. Conçus en 1992 par le bureau d’architectes ARCOP, les lieux intègrent l’édifice Nordheimer datant de 1888, l’ancienne Ruelle des Fortifications, un hôtel, un vaste atrium surmonté d’une imposante verrière ainsi qu’une portion du mur de Berlin offert à Montréal lors de son 350e anniversaire. Le centre est également relié au réseau piétonnier souterrain de la ville et à la station de métro Square-Victoria.
UNE PLACE REPOSANT SUR PLUSIEURS SIÈCLES D’HISTOIRE
Toujours vers l’est dans la rue Saint-Jacques, vous atteindrez bientôt la Place d’Armes, ceinturée d’immeubles évoquant plusieurs époques majeures du développement de Montréal. Au sud-ouest de la place se dresse le Séminaire Saint-Sulpice, plus ancien édifice de Montréal, construit entre 1684 et 1687 puis agrandi une vingtaine d’années plus tard par la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, alors à la tête de la paroisse Notre-Dame et «seigneurs» pendant près de deux siècles de l’île de Montréal. Cette structure historique est un exemple parfait de l’architecture institutionnelle de la Nouvelle-France. Son horloge, qui date de 1701, est probablement la plus ancienne du genre en Amérique du Nord.
Tout juste à côté du Séminaire Saint-Sulpice se trouve la Basilique Notre-Dame, chef-d’œuvre de l’architecture néo-gothique dont les plans ont été réalisés par James O’Donnell, New yorkais d’origine irlandaise venu s’installer à Montréal pour la construction de l’église de 1824 à 1829 et décédé peu après l’achèvement des travaux. L’intérieur de l’église est grandiose et coloré, orné d’un plafond bleu nuit parsemé d’étoiles dorées. Fait inusité, les vitraux du sanctuaire n’illustrent pas de scènes bibliques, mais représentent plutôt l’histoire religieuse de Montréal.
Du côté est de la Place d’Armes, on retrouve l’édifice de la New York Life Insurance, construit de 1887 à 1889. L’immeuble de huit étages, la toute première tour-édifice au Canada, est aussi le premier à être doté d’un ascenseur. Pendant 12 ans, il a été l’édifice le plus haut de la ville. Le grès rouge ancien utilisé pour les travaux provient de Dumfriesshire, en Écosse.
Également du côté est de la Place d’Armes, tout près de l’immeuble de la New York Life Insurance, s’élève l’édifice Aldred, réel tour de force de l’architecture art déco. Sa construction débute en juillet 1929, à l’apogée des folles années vingt, avant le krach boursier historique qui sévit trois mois plus tard. Malgré la situation économique difficile, l’édifice Aldred est prêt à la date prévue en 1931.
Sur le flanc nord de la Place d’Armes, on remarque le siège social de la Banque de Montréal, plus ancienne institution bancaire au Canada, fondée en 1817. Inspiré du Panthéon, l’édifice est construit entre 1845 et 1848 puis agrandi entre 1901 et 1905. Le plan symétrique d’esprit beaux-arts comprend un axe principal et des axes secondaires hiérarchisés. L’axe central offre un parcours monumental allant du hall d’entrée à un atrium qui conduit à la grande salle des guichets.
L’immeuble situé du côté ouest de la Place d’Armes se dresse nettement au-dessus des autres. Le 500 Place d’Armes est un édifice de style international de 32 étages achevé en 1968 pour le compte de la Banque canadienne nationale (aujourd’hui la Banque Nationale du Canada).
RICHE MOSAÏQUE URBAINE
Après avoir traversé les centaines d’années d’histoire de la Place d’Armes, mettez le cap en direction sud dans la rue Saint-Sulpice afin d’y visiter les Cours Le Royer, tronçon de la rue Le Royer converti en voie piétonnière au début des années 1980. L’endroit est entouré d’anciens magasins-entrepôts construits entre 1861 et 1872 puis réaménagés en résidences et en bureaux dans le cadre d’un projet de revitalisation urbaine mené entre 1976 et 1980.
Dans la rue Saint-Paul maintenant, admirez les rues de pierres, réverbères et autres éléments traditionnels propres au secteur. Marchez en direction est jusqu’à la rue Saint-Gabriel où vous prendrez sur la gauche afin de découvrir la première auberge en Amérique du Nord, l’Auberge Saint-Gabriel, construite en 1688 par un soldat français et constitué en auberge en 1754. Convertie en manoir privé au XIXe siècle, l’auberge a ultérieurement retrouvé sa vocation originale et fait depuis office de monument mettant en vitrine le style architectural de la Nouvelle-France.
Poursuivez votre route dans la rue Saint-Gabriel jusqu’à la rue Notre-Dame Est. À cet endroit, vous vous retrouverez à proximité de trois palais de justice de différentes époques. À votre gauche, du côté nord de la rue, siège le plus récent et le plus grand des trois, achevé de construire en 1971. À l’est de ce dernier est situé le premier Vieux palais de justice de Montréal, érigé en 1856, aujourd’hui utilisé par certains services municipaux. Enfin, on observe du côté sud de la rue la Cour d’appel du Québec, communément appelé l’édifice Ernest-Cormier (en hommage à l’architecte), construit entre 1922 et 1926
Maintenant, toujours en direction est dans Notre-Dame Est, vous remarquerez à votre gauche l’hôtel de ville de style Second empire, construit entre 1872 et 1878, et à votre droite la Place Jacques-Cartier, place publique datant de 1804 restaurée en 1998. Un peu plus à l’est vous arriverez au Château Ramezay, porte sur le passé de Montréal et premier édifice classé monument historique au Québec. Le site comprend le Jardin du gouverneur, ravissante retraite urbaine du XVIIIe siècle.
Retournez maintenant dans la rue Saint-Paul pour découvrir ce qui a été pendant plus d’un siècle le principal marché agricole de Montréal : le Marché Bonsecours, inauguré en 1847. Sa composition symétrique, son portique inspiré d’un temple grec (dont les colonnes de fonte furent coulées en Angleterre), son dôme argenté et les détails à la fois sobres et variés illustrent l’inspiration néo-classique en vogue à l’époque. Sa récente restauration lui a rendu son lustre et son animation d’antan avec notamment des boutiques d’arts et d’artisanat de créateurs d’ici.
Une rue à l’est du Marché Bonsecours, visitez le Musée Marguerite-Bourgeoys et la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, à la fois un musée et une chapelle datant de 1771 dotée d’une tour où vous attend une vue spectaculaire sur le Vieux-Montréal (y compris sur la Tour de l’horloge) et les environs (dont le fleuve Saint-Laurent et la Biosphère, musée de l’environnement). La Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est la plus ancienne de la ville.
Remontez vers la rue Notre-Dame Est à destination du lieu historique national de Sir George-Étienne-Cartier. Soigneusement restauré selon les goûts et les usages de la bourgeoisie montréalaise vers 1860, le lieu historique national de Sir‑George‑Étienne‑Cartier commémore la vie et l’œuvre de cet illustre politicien, Père de la Confédération canadienne.
Pour une dernière escale avant le dîner, empruntez la rue Berri et allez jeter un œil au siège social du Cirque Éloize, situé dans la Gare Dalhousie, lieu du départ historique de la première liaison ferroviaire entre Montréal et Vancouver en 1886. La gare a été conçue d’après les plans de l’architecte anglais Thomas C. Solby et construite entre 1883 et 1884. Elle a fait l’objet d’une remise à neuf majeure en 1986.
Pour le dîner, rendez-vous chez Les Filles du Roy, auberge romantique renommée pour sa fine cuisine française classique et du terroir québécois. L’auberge occupe le site de l’ancienne Maison Pierre du Calvet, foyer d’un riche commerçant et homme politique. L’endroit constitue un bon exemple de l’architecture urbaine développée à l’époque de la Nouvelle-France, comme en témoignent ses murs de pierres massifs, ses souches de cheminées et sa toiture en pente abrupte. Envisagez également une soirée Chez L’Épicier, dont le menu allie fraîcheur, astuce et raffinement et propose une gastronomie québécoise réinventée. Bon appétit!
Avant de regagner votre lieu d’hébergement, faites un arrêt à la station de métro Champ-de-Mars pour y admirer l’extraordinaire vitrail de Marcelle Ferron, créé entre 1966 et 1968, et les éclats multicolores que ses formes abstraites produisent à l’intérieur dans la station.
| Édifice | Adresse | Architectes | Date |
| Musée d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière | 350, place Royale | Dan S. Hanganu et le cabinet Provencher Roy | 1992 |
| Habitat 67 | Cité du Havre | Moshe Safdie | 1967 |
| Biosphère, musée de l’environnement (pavillon des États-Unis de l’Exposition universelle de 1967) | Parc Jean-Drapeau | Buckminster Fuller | 1967 |
| Casino de Montréal (pavillon de la France de l’Exposition universelle de 1967) | Parc Jean-Drapeau | Jean Faugeron | 1967 |
| Centre d’histoire de Montréal | 335, place d’Youville | Joseph Perrault et Simon Lesage | 1903 |
| Tour de la bourse | | Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi (Italie) | 1964 |
| Banque Royale du Canada | 360, rue Saint-Jacques Ouest | York and Sawyer, architectes (New York) | 1926 à 1928 |
| Centre de commerce mondial | 747, rue Square-Victoria | Cabinet d’architectes ARCOP | 1992 |
| Séminaire Saint-Sulpice | 130, rue Notre-Dame Ouest | | 1684 à 1687 |
| Basilique Notre-Dame | 110, rue Notre-Dame Ouest | James O’Donnell | 1924 à 1929 |
| New York Life Insurance | 511, place d’Armes | Babb, Cook and Willard, architectes (New York) | 1887 à 1889 |
| Aldred | 501-507, place d’Armes | Barott et Blackader (Ernest Isbell Barott est un architecte canadien né aux États-Unis) | 1931 |
| Banque de Montréal | 119, rue Saint-Jacques Ouest | John Wells (les travaux d’agrandissement sont du cabinet McKim, Mead, and White, de New York) | 1845 à 1848 (agrandissement effectué entre 1901 et 1905) |
| Banque canadienne nationale (aujourd’hui Banque Nationale du Canada). | 500, place d’Armes | Pierre Boulva et Jacques David | 1968 |
| Auberge Saint-Gabriel | 426, rue Saint-Gabriel | | 1688 |
| Les trois Palais de justice | 1, 100 et 155, rue Notre-Dame Est | Ernest Cormier John Ostell Pierre Boulva et Jacques David | 1922 à 1926 1856 1971 |
| Hôtel de ville | 275, rue Notre-Dame Est | Henri-Maurice Perrault et Alexander Cowper Hutchison | 1872 à 1878 |
| Château Ramezay | 280, rue Notre-Dame Est | | 1755-1757 (rénovations majeures de 1812 à 1830, en 1848-1849 et en 1903) |
| Marché Bonsecours | 350, rue Saint-Paul Est | | 1844-1848 |
| Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours | 400, rue Saint-Paul Est | | 1771-1773 |
| Lieu historique national de Sir George-Étienne-Cartier | 458, rue Notre-Dame Est | | 1837 |
| Gare Dalhousie | 417, rue Berri | Thomas C. Solby | 1883 à 1884 (rénovations majeures en 1986) |
| Maison Pierre-du-Calvet | 401, rue Saint-Paul Est | | 1770-1771 |