Itinéraire du Vieux-Montréal – Architecture

© Tourisme Montréal, Daniel Choinière - « L'ancien et le moderne »© Pointe-à-Callière, Caroline Bergeron - Maison-des-Marins© Tourisme Montréal, Stéphan Poulin - Place Jacques-Cartier et Hôtel de Ville
© Commission canadienne du tourisme - Centre d'histoire de Montréal© Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours - Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours la nuit© Michel Julien - Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal
 
© Tourisme Montréal, Daniel Choinière - « L'ancien et le moderne »

25 novembre 2013 — L’architecture de Montréal se caractérise par une juxtaposition de l’ancien et du moderne et d’un large éventail de styles remontant à 1685. Outre quatre établissements d’études supérieures (Université McGill, Université de Montréal, Université Concordia et Université du Québec à Montréal) offrant des programmes d’études en architecture, en design intérieur et industriel et en planification urbaine, Montréal compte également le Centre canadien d’architecture (CCA), un fer de lance international quant à la promotion des connaissances, de l’apprentissage et des débats en matière d’architecture – histoire, théories, méthodes, rôle social. En somme, Montréal sait parfaitement en quoi l’environnement bâti constitue encore le reflet de son développement au XXIe siècle. Comme vous le constaterez, les immeubles de Montréal et les architectes qui les ont conçus s’inscrivent dans un mouvement de diversité qui ne cesse de prévaloir aujourd’hui, procurant à la ville une toile de fond parfaitement adaptée au caractère multiculturel de sa population.

Si vous souhaitez découvrir l’architecture de la ville à bicyclette, tournez-vous vers Ça roule Montréal. L’entreprise propose différents circuits en compagnie de guides expérimentés en mesure de vous renseigner sur le milieu bâti de la ville. 

Si vous préférez effectuer l’itinéraire architectural de Montréal à pied, consultez l’horaire de Guidatour, qui offre des visites du Vieux-Montréal et des secteurs environnants durant tout l’été.

NAISSANCE D’UNE VILLE INSULAIRE
Amorcez de bonne façon votre visite architecturale du Vieux-Montréal en situant la ville d’après ses racines archéologiques au Musée d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière, lieu historique national érigé sur les vestiges du berceau de la ville. Depuis 1992, le musée, qui intègre une technologie de pointe, propose une authentique visite archéologique sur l’évolution de la ville depuis le XIVe siècle, époque à laquelle les autochtones occupaient l’île de Montréal, jusqu’à nos jours. Vous y découvrirez notamment des artéfacts autochtones, le premier cimetière catholique de la ville de même que son premier marché. Vous pourrez également assister à une présentation multimédia redonnant vie au passé de Montréal.

Au deuxième étage du musée, jetez un coup d’œil à la vue magnifique sur le Vieux-Port et Habitat 67, complexe d’habitations formé de cubes superposés conçu par Moshe Safdie dans le cadre de l’Exposition universelle de 1967. Bien que le complexe Habitat 67 soit construit à la Cité du Havre, étroite péninsule située à proximité du port de Montréal, la plupart des pavillons de l’Expo 67 se trouvent sur l’île Sainte-Hélène et l’île Notre-Dame, y compris le pavillon des États-Unis (aujourd’hui la Biosphère, musée de l’environnement), l’une des plus imposantes sphères géodésiques du monde, et le pavillon de la France (qui abrite maintenant le Casino de Montréal), structure tourbillonnaire futuriste faite d’aluminium.

Pris d’une fringale matinale? À un jet de pierre du Musée Pointe-à-Callière, la Maison Christian Faure, située sur la Place Royale, au cœur du Vieux-Montréal, est à la fois une pâtisserie d'exception, un café et une boutique. Logée dans un bâtiment historique datant du XVIIIe siècle, ce commerce ouvert en 2013 est également la première maison internationale d'enseignement spécialisé vouée à la pâtisserie française au Canada.

À deux pas de là, le Centre d’histoire de Montréal occupe un immeuble rénové datant de 1903 qui abritait autrefois une caserne de pompiers. Bien qu’il possède une architecture typique de l’époque victorienne et édouardienne, le Centre intègre différents styles architecturaux, dont un profil d’inspiration flamande. De nos jours, le Centre est un lieu d’exposition et le siège de l’apprentissage de l’histoire et du patrimoine montréalais.

La place publique située en face du Centre est la place D’Youville. Aménagée au-dessus du lit de la petite rivière Saint-Pierre, canalisée en 1832, cette place offre une synthèse historique étonnante. Un obélisque érigé en 1894 y rappelle les pionniers fondateurs de Montréal. Du côté sud, entre les rues Normand et Saint-Pierre, on y voit l’ancien hôpital des Sœurs grises datant du XVIIIe siècle de même que les écuries D’Youville, l’un des premiers immeubles du secteur à connaître l’embourgeoisement. L’endroit est agrémenté d’une cour ombragée et de jardins et jalonné de restaurants et de bureaux. 

Lorsque vous aurez pleinement goûté au charme de ce lieu historique, pourquoi ne pas aller prendre une bouchée chez Brit & Chips ou chez Boris Bistro, deux établissements situés à proximité. Brit & Chips, dont le menu est inspiré du traditionnel casse-croûte britannique, propose différentes sortes de fish and chips, chacune ayant sa panure distincte (à la bière Guinness ou au sirop d'érable, pour ne nommer que celles-là). Quant au Boris Bistro, qu’on soit installé à l’ombre des arbres de sa ravissante terrasse ou dans son chaleureux intérieur, on y déguste une cuisine bistro savoureuse.

LES YEUX TOURNÉS VERS LE CIEL
Après le déjeuner, marchez vers le nord sur la rue McGill en direction de la Tour de la bourse, construite en 1964, qui se dresse d’imposante façon. Arrivé au square Victoria, où s’élève la statue de la reine Victoria, prenez le temps d’examiner ce monument qui date de 1872, œuvre du sculpteur anglais Marshall Wood, ainsi que l'entrée de métro ornée d’un ouvrage de style Art nouveau. Réalisée par Hector Guimard en 1900, l’œuvre a été remise à la ville de Montréal par la ville de Paris lors de l’Exposition universelle de 1967.

En direction est maintenant sur la rue Saint-Jacques, jadis principale artère financière du Canada, dirigez-vous vers l’ancien siège social de la Banque Royale du Canada, construit entre 1926 et 1928. Cet édifice de 22 étages de style renouveau néoclassique possède une structure d’acier et il est recouvert de calcaire gris. L’encadrement des portes en marbre de Levanto est orné de motifs décoratifs en bronze représentant des pièces de monnaie canadiennes et britanniques; l’ensemble est surmonté par les armoiries du Royaume-Uni.

De l’autre côté de la rue est situé le Centre de commerce mondial, complexe multifonctionnel aux nombreuses façades. Conçus en 1992 par le bureau d’architectes ARCOP, les lieux intègrent l’édifice Nordheimer datant de 1888, l’ancienne Ruelle des Fortifications, un hôtel, un vaste atrium surmonté d’une imposante verrière ainsi qu’une portion du mur de Berlin offert à Montréal lors de son 350e anniversaire. Le centre est également relié au réseau piétonnier souterrain de la ville et à la station de métro Square-Victoria.

UNE PLACE REPOSANT SUR PLUSIEURS SIÈCLES D’HISTOIRE
Toujours vers l’est sur la rue Saint-Jacques, vous atteindrez bientôt la Place d’Armes, ceinturée d’immeubles évoquant plusieurs époques majeures du développement de Montréal. Au sud-ouest de la place se dresse le Séminaire Saint-Sulpice, plus ancien édifice de Montréal, construit entre 1684 et 1687 puis agrandi une vingtaine d’années plus tard par la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, alors à la tête de la paroisse Notre-Dame et « seigneurs » pendant près de deux siècles de l’île de Montréal. Cette structure historique est un exemple parfait de l’architecture institutionnelle de la Nouvelle-France. Son horloge, qui date de 1701, est probablement la plus ancienne du genre en Amérique du Nord.

Tout juste à côté du Séminaire Saint-Sulpice se trouve la Basilique Notre-Dame, chef-d’œuvre de l’architecture néo-gothique dont les plans ont été réalisés par James O’Donnell, New Yorkais d’origine irlandaise venu s’installer à Montréal pour la construction de l’église de 1824 à 1829 et décédé peu après l’achèvement des travaux. L’intérieur de l’église est grandiose et coloré, orné d’un plafond bleu nuit parsemé d’étoiles dorées. Fait inusité, les vitraux du sanctuaire n’illustrent pas de scènes bibliques, mais représentent plutôt l’histoire religieuse de Montréal.

Du côté est de la Place d’Armes, on retrouve l’édifice de la New York Life Insurance, construit de 1887 à 1889. L’immeuble de huit étages, la toute première tour-édifice au Canada, est aussi le premier à être doté d’un ascenseur. Pendant 12 ans, il a été l’édifice le plus haut de la ville. Le grès rouge ancien utilisé pour les travaux provient de Dumfriesshire, en Écosse.

Également du côté est de la Place d’Armes, tout près de l’immeuble de la New York Life Insurance, s’élève l’édifice Aldred, réel tour de force de l’architecture art déco. Sa construction débute en juillet 1929, à l’apogée des folles années vingt, avant le krach boursier historique qui sévit trois mois plus tard. Malgré la situation économique difficile, l’édifice Aldred est prêt à la date prévue en 1931.

Sur le flanc nord de la Place d’Armes, on remarque le siège social de la Banque de Montréal, plus ancienne institution bancaire au Canada, fondée en 1817. Inspiré du Panthéon, l’édifice est construit entre 1845 et 1848 puis agrandi entre 1901 et 1905. Le plan symétrique d’esprit beaux-arts comprend un axe principal et des axes secondaires hiérarchisés. L’axe central offre un parcours monumental allant du hall d’entrée à un atrium qui conduit à la grande salle des guichets.

RICHE MOSAÏQUE URBAINE
Après avoir traversé les centaines d’années d’histoire de la Place d’Armes, mettez le cap en direction sud sur la rue Saint-Sulpice afin d’y visiter les Cours Le Royer, tronçon de la rue Le Royer converti en voie piétonnière au début des années 1980. L’endroit est entouré d’anciens magasins-entrepôts construits entre 1861 et 1872, puis réaménagés en résidences et en bureaux dans le cadre d’un projet de revitalisation urbaine mené entre 1976 et 1980.

Sur la rue Saint-Paul maintenant, admirez les rues de pierres, réverbères et autres éléments traditionnels propres au secteur. Marchez en direction est jusqu’à la rue Saint-Gabriel où vous prendrez sur la gauche afin de découvrir la première auberge en Amérique du Nord, l’Auberge Saint-Gabriel, construite en 1688 par un soldat français et constituée en auberge en 1754. Convertie en manoir privé au XIXe siècle, l’auberge a ultérieurement retrouvé sa vocation originale et fait depuis office de monument mettant en vitrine le style architectural de la Nouvelle-France.

Poursuivez votre route sur la rue Saint-Gabriel jusqu’à la rue Notre-Dame Est. À cet endroit, vous vous retrouverez à proximité de trois palais de justice de différentes époques. À votre gauche, du côté nord de la rue, siège le plus récent et le plus grand des trois, achevé de construire en 1971. À l’est de ce dernier est situé le premier Vieux palais de justice de Montréal, érigé en 1856, aujourd’hui utilisé par certains services municipaux. Enfin, on observe du côté sud de la rue la Cour d’appel du Québec, communément appelé l’édifice Ernest-Cormier (en hommage à l’architecte), construit entre 1922 et 1926.

Toujours en direction est sur Notre-Dame Est, vous remarquerez à votre gauche l’hôtel de ville de style Second empire, construit entre 1872 et 1878, et à votre droite la place Jacques-Cartier, place publique datant de 1804 restaurée en 1998. Un peu plus à l’est, vous arriverez au Château Ramezay, porte sur le passé de Montréal et premier édifice classé monument historique au Québec. Le site comprend le Jardin du gouverneur, ravissante retraite urbaine du XVIIIe siècle.

Retournez maintenant sur la rue Saint-Paul pour découvrir ce qui a été pendant plus d’un siècle le principal marché agricole de Montréal : le Marché Bonsecours, inauguré en 1847. Sa composition symétrique, son portique inspiré d’un temple grec (dont les colonnes de fonte furent coulées en Angleterre), son dôme argenté et les détails à la fois sobres et variés illustrent l’inspiration néo-classique en vogue à l’époque. Sa récente restauration lui a rendu son lustre et son animation d’antan avec notamment des boutiques d’arts et d’artisanat de créateurs d’ici.

Une rue à l’est du Marché Bonsecours, visitez le Musée Marguerite-Bourgeoys et la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, à la fois un musée et une chapelle datant de 1771 dotée d’une tour où vous attend une vue spectaculaire sur le Vieux-Montréal (y compris sur la Tour de l’horloge) et les environs (dont le fleuve Saint-Laurent et la Biosphère, musée de l’environnement). La Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est la plus ancienne de la ville.

Remontez vers la rue Notre-Dame Est à destination du lieu historique national de Sir George-Étienne-Cartier. Soigneusement restauré selon les goûts et les usages de la bourgeoisie montréalaise vers 1860, le lieu historique national de Sir‑George‑Étienne‑Cartier commémore la vie et l’œuvre de cet illustre politicien, Père de la Confédération canadienne. 

Pour une dernière escale avant le dîner, empruntez la rue Berri et allez jeter un œil au siège social du Cirque Éloize, situé dans la Gare Dalhousie, lieu du départ historique de la première liaison ferroviaire entre Montréal et Vancouver en 1886. La gare a été conçue d’après les plans de l’architecte anglais Thomas C. Solby et construite entre 1883 et 1884. Elle a fait l’objet d’une remise à neuf majeure en 1986.

Pour le dîner, retournez à l’Auberge Saint-Gabriel,  la plus vieille auberge en Amérique du Nord. Sa fine cuisine française et québécoise, préparée avec les meilleurs produits du terroir, est servie dans un cadre romantique, au décor rustique. Envisagez également une soirée au Club Chasse et Pêche, dont le menu allie fraîcheur, astuce et raffinement et propose une gastronomie québécoise réinventée. Bon appétit!

Avant de regagner votre lieu d’hébergement, faites un arrêt à la station de métro Champ-de-Mars pour y admirer l’extraordinaire vitrail de Marcelle Ferron, créé entre 1966 et 1968, et les éclats multicolores que ses formes abstraites produisent à l’intérieur dans la station.

Édifice

Adresse

Architectes

Date

Musée d’archéologie et d’histoire Pointe-à-Callière

350, place Royale

Dan S. Hanganu et le cabinet Provencher Roy

1992

Habitat 67

Cité du Havre

Moshe Safdie

1967

Biosphère, musée de l’environnement (pavillon des États-Unis de l’Exposition universelle de 1967)

Parc Jean-Drapeau

Buckminster Fuller

1967

Casino de Montréal (pavillon de la France de l’Exposition universelle de 1967)

Parc Jean-Drapeau

Jean Faugeron

1967

Centre d’histoire de Montréal

335, place d’Youville

Joseph Perrault et Simon Lesage

1903

Tour de la bourse

Luigi Moretti et Pier Luigi Nervi (Italie)

1964

Banque Royale du Canada

360, rue Saint-Jacques Ouest

York and Sawyer, architectes (New York)

1926 à 1928

Centre de commerce mondial

747, rue Square-Victoria

Cabinet d’architectes ARCOP

1992

Séminaire Saint-Sulpice

130, rue Notre-Dame Ouest

1684 à 1687

Basilique Notre-Dame

110, rue Notre-Dame Ouest

James O’Donnell

1924 à 1929

New York Life Insurance

511, place d’Armes

Babb, Cook and Willard, architectes (New York)

1887 à 1889

Aldred

501-507, place d’Armes

Barott et Blackader

(Ernest Isbell Barott est un architecte canadien né aux États-Unis)

1931

Banque de Montréal

119, rue Saint-Jacques Ouest

John Wells

(les travaux d’agrandissement sont du cabinet McKim, Mead, and White, de New York)

1845 à 1848

(agrandissement effectué entre 1901 et 1905)

Banque canadienne nationale (aujourd’hui Banque Nationale du Canada).

500, place d’Armes

Pierre Boulva et Jacques David

1968

Auberge Saint-Gabriel

426, rue Saint-Gabriel

1688

Les trois Palais de justice

1, 100 et 155, rue Notre-Dame Est

Ernest Cormier

John Ostell

Pierre Boulva et Jacques David

1922 à 1926

1856

1971

Hôtel de ville

275, rue Notre-Dame Est

Henri-Maurice Perrault et Alexander Cowper Hutchison

1872 à 1878

Château Ramezay

280, rue Notre-Dame Est

1755-1757 (rénovations majeures de 1812 à 1830, en 1848-1849 et en 1903)

Marché Bonsecours

350, rue Saint-Paul Est

1844-1848

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

400, rue Saint-Paul Est

1771-1773

Lieu historique national de Sir George-Étienne-Cartier

458, rue Notre-Dame Est

1837

Gare Dalhousie

417, rue Berri

Thomas C. Solby

1883 à 1884

(rénovations majeures en 1986)

Maison Pierre-du-Calvet

401, rue Saint-Paul Est

1770-1771