Le grand retour de l'absynthe

 


12 janvier 2010 – Le vert semble être la couleur de l’heure ces temps-ci, mais pas n’importe-quel vert. Celui dont on parle un peu partout est assez spécial, pour ne pas dire enivrant… Il nous rappelle un ancien tabou qui a depuis peu retrouvé ses lettres de noblesses dans tous les salons et les 5 à 7 de Montréal.   

L'absinthe est une forte boisson alcoolisée, reconnue pour sa couleur vert émeraude et ses propriétés hallucinogènes. Ses principales composantes, soit l’absinthe, une plante également connue sous le nom d’armoise amère, le fenouil, l’anis, la mélisse et l'hysope, diffèrent d’un pays et d’un fabricant à l’autre.

La popularité de ce puissant élixir hallucinogène atteint son paroxysme vers la fin du 19e siècle. La « fée verte » comme on la surnomme dans les cercles littéraires est consommée à « l’heure verte » (entre 17 h et 19 h). Elle est appréciée par toutes les classes sociales mais deviendra éventuellement la boisson emblématique des artistes bohèmes, qui lui rendent souvent hommage en mots ou en images.

Le rituel de l'absinthe fait partie intégrante de l'expérience de dégustation. Le liquide amer est d’abord versé dans un verre à bulle sur lequel repose une écumoire. On y dépose ensuite un morceau de sucre, que l’on fait fondre dans le verre avec de l’eau froide. Tout comme le pastis, l'absinthe est diluée dans l’équivalent de trois à cinq fois son volume d’eau. Cette dernière permet d’en atténuer le gout d’anis, libérant ainsi des saveurs plus délicates.

Concoctée à l'origine à des fins médicinales, l'absinthe est rapidement devenue un phénomène mondial, et a finalement été interdite dans de nombreux pays car on la soupçonnait d’être responsable de divers problèmes sociaux. Une centaine d’années plus tard, elle est à nouveau légalisée (non sans quelques modifications à la recette originale) et on assiste à un véritable retour en force de la fée verte.

Mais voilà, maintenant que vous savez comment la déguster selon les règles de l’art, reste à savoir où ?

Trois adresses :

Le Sarah B. de l’hôtel Intercontinental, nommé en l’honneur de la grande Sarah Bernhardt serait hanté par l’esprit de la tragédienne française. Plusieurs disent l’avoir vu roder dans les voutes de l’hôtel. À moins que ces visions ne soient imputables à l’élixir vert ?

Le Bily Kùn, un bar populaire tchécoslovaque inspiré par un établissement du même nom que les propriétaires auraient découvert lors d’un voyage en Tchécoslovaquie.

L'Absynthe resto-bar sur la rue Saint-Denis, où vous pourrez gouter à plusieurs variétés de la « dangereuse » boisson, tout en profitant d’un spectacle.

Le Sarah B.

Bily Kùn