Pour délier les doigts et les pieds de son fils aîné Wilhelm Friedemann, Bach compose entre 1723 et 1729 six Sonates « en trio » pour orgue seul. L’appellation signifie ici que l’organiste se voit confier trois lignes mélodiques, une par main et par clavier, et une troisième jouée à la pédale. Les œuvres qui constituent cette parfaite musique de chambre, où science et poésie s’unissent de la plus exquise façon, peuvent fort bien être jouées comme des sonates en trio « classiques », sur les flûtes et les violons avec la basse continue, sans perdre le moins du monde de son attrait.