L’art pas à pas rue Sherbrooke Ouest

 
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23 octobre 2012 – Amis des arts, du beau et du style, vous avez rendez-vous à Montréal, dans le Quartier du Musée. Niché dans le secteur huppé du Mille Carré Doré, ce coin idyllique occupe un court tronçon de la rue Sherbrooke Ouest. Il n’est pas rare que les visiteurs du Musée des beaux-arts de Montréal – c’est d’ailleurs ce musée qui a donné son nom au quartier – tombent sous le charme des environs et décident d’y passer l’après-midi. L’endroit foisonne de tant de trésors qu’on peut même y consacrer une journée entière, histoire de déambuler tranquillement et de découvrir pas à pas ses charmes raffinés.

La journée débute à la Pâtisserie Oliver Potier. Cet artisan de talent a fait ses classes parmi les grands, notamment à la maison Ladurée de Paris. Outre les classiques cannelés et madeleines, les pâtisseries délicates de Potier sont de véritables œuvres d’art. Sa version classe de la tablette chocolatée Snickers, préparée avec du chocolat de première qualité, des arachides et du caramel, est quasi trop mignonne pour qu’on la croque. Ouvert tous les jours (sauf le lundi) dès 7 h 30.

Vous aimez l’art canadien? Collectionneurs aguerris et néophytes curieux trouvent leur bonheur à la Guilde canadienne des métiers d’art, spécialisée dans l’artisanat d’art des Premières Nations. Pour sa part, la Galerie Valentin propose un panorama des maîtres canadiens tandis que la Galerie NuEdge se concentre sur l’art contemporain et ses multiples déclinaisons : installations vidéo, photographies et sculptures. Les artistes contemporains québécois s’affichent à La Galerie Turenne, puis la Galerie Samuel Lallouz expose des créations actuelles des quatre coins du monde.

L’art contemporain est également à l’honneur à la Galerie Elena Lee, qui propose des bijoux d’artistes canadiens. Les inconditionnels qui ont l’art dans la peau céderont peut-être à l’envie de s’offrir un tatouage réalisé par les artistes de la boutique Adrenalin – où se rendit déjà une actrice, alors peu connue, nommée Angelina Jolie.

Qu’on ne s’y trompe pas : le Petit Musée est en fait une galerie, c’est-à-dire que tout est à vendre dans cet établissement familial – trois générations d’antiquaires se sont succédé à la tête de l’entreprise. Les fervents d’histoire doivent impérativement explorer les quatre étages remplis à craquer d’antiquités glanés dans le monde. Entre autres trouvailles, les pièces de monnaie anciennes transformées en spectaculaires bagues de soirée valent le coup. Le sympathique propriétaire est un passionné de langues et il vous montrera volontiers ses précieuses tablettes cunéiformes.

Si l’art nourrit l’esprit, il creuse l’appétit. Une pause chez Nocochi permet de refaire le plein d’énergie et de siroter un bon thé en toute simplicité. Pour une sortie plus huppée, on peut réserver une table chez Le Maître Chocolatier où le grand service du thé est une expérience en soi; le salon à l’étage offre une évasion à la fois romantique et aromatique. Si vous salivez plutôt à l’idée de manger bio et végétalien, sachez que Crudessence se trouve à quelques pas, rue Mackay.

Le cœur heureux, on repart faire les boutiques. Dans le secteur, le Trianon est une adresse de choix. La boutique n’occupe pas le rez-de-chaussée, alors redressez bien la tête! La propriétaire Luce Gayrard a l’œil pour les belles choses et elle a rassemblé ici toute une collection inspirée de Versailles : antiquités françaises du XVIIIe siècle, reproductions de qualité, accessoires de charme, ainsi que certains de ses propres meubles faits sur mesure. Avant de partir, offrez-vous l’une de ses bougies éponymes : leur parfum romantique vous rappellera l’ambiance de cet écrin d’élégance.

Non loin, le Palais de la reine est une toute nouvelle boutique spécialisée dans les importations de Madagascar. Accessoires de décoration, bijoux et objets d’art ont été judicieusement sélectionnés par son propriétaire malgache. Avis aux amateurs de créations mode, Maria Bella, propriétaire de la boutique Les Créateurs, est une habituée des passerelles. Cette modeuse éclectique encourage sa clientèle à « investir » dans des pièces d’avant-garde griffées par des créateurs de la trempe de Yohji Yamamoto et de Ann Demeulemeester.

Si la météo est au beau fixe, la terrasse de style toscan du restaurant Il Cortile est un endroit charmant pour prendre un repas en plein air à l’écart du tohu-bohu urbain. On y va pour sa cuisine traditionnelle italienne, ses pâtes savoureuses et ses salades légères, accompagnées de boissons rafraîchissantes. Autrement, on peut opter pour le Beatrice, restaurant italien un brin plus flamboyant (lire : plus cher). En mai dernier, l’établissement a ouvert la terrasse à l’européenne Il Giardino, un endroit branché pour voir et être vu, manger et boire un verre.

Il faut prendre rendez-vous pour voir les collections de Landau Fine Art et de la Galerie Dominion, et pour cause : ces galeries se classent parmi les plus influentes sur la scène internationale de l’art. Toutes deux sont détenues par la famille Landau, reconnue pour son travail de promotion d’artistes contemporains. Les paysages balayés par le vent réalisés par l’Argentin Manuel Cancel sont fascinants. Les chefs-d’œuvre signés Degas, Bottero, Miro, Giacometti, Matisse, Modigliani et autres sont un pur ravissement pour le regard (qui veut y mettre le prix peut même s’en porter acquéreur). À voir aussi, le tableau Les dormeurs peint par Picasso en 1965.

Pour faire de beaux rêves après cette longue journée à battre le pavé, il serait bon de s’offrir une petite heure de détente au Spa Dr. Hauschka, dont les soins apaisent le corps et l’âme (il ne figure pas sur la liste, mais le soin du visage à l’or 24 carats dispensé sur demande est l’ultime expression du luxe). Au terme de cette escapade rue Sherbrooke Ouest, une chambre douillette attend le voyageur à l’hôtel Le Meridien. Cet établissement raffiné ne cache pas son penchant pour l’art : le hall abrite une galerie, le portier est photographe et même les clés des chambres sont des pièces de collection.