DE LA GRANDE PEINTURE FRANÇAISE À MONTRÉAL

Publié le 25 Octobre 2012 par .

Monet vous manque? Gauguin vous ferait du bien? Et les ballerines de Degas, alors? Cet automne, le Musée des beaux-arts de Montréal vous donne l’occasion de côtoyer le travail de ces maîtres. Réunissant quelques-unes des œuvres les plus acclamées et aimées de tous les temps, le Musée propose Une histoire de l’impressionnisme.

Les 75 œuvres de cette exposition itinérante sont normalement abritées par le Sterling and Francine Clark Art Institute au Massachusetts. Connue dans le monde entier, cette institution de Williamstown, au cœur de la Nouvelle-Angleterre, a été fondée par les Clark en 1950 pour accueillir leur collection personnelle et exceptionnelle d’œuvres et d’artefacts. Elle compte plusieurs des tableaux français qui ont façonné le cours de l’histoire de l’art et, maintenant, nous avons la chance de pouvoir les apprécier ici, dans notre ville. Voici cinq chefs-d’œuvre que vous devez voir en personne!

Charmeur de serpents de Jean-Léon Gérôme : Cette peinture est une icône du courant orientaliste qui était très populaire au XIXe siècle. Riche en détails et en couleurs, elle est emblématique du style académique créé à l’Académie des beaux-arts de Paris. Sterling Clark a grandi avec cette œuvre dans le salon familial; son père l’avait vendue, mais il a eu l’occasion de la racheter, plusieurs années plus tard. La peau lisse et claire du jeune garçon tranche avec les écailles grises du reptile, ce qui vient accentuer cette troublante rencontre entre innocence et danger.

Le Bain Berthe MorisotLe Bain de Berthe Morisot : Morisot compte parmi les rares femmes artistes impressionnistes. Issue de la haute bourgeoisie, Morisot n’a pas échappé aux règles strictes qui s’appliquaient aux femmes à cette époque. Ainsi, contrairement à ses collègues artistes masculins, elle n’a pas peint des scènes extérieures, mais plutôt des situations domestiques qu’elle connaissait bien : le bain d’une femme par exemple. Ici, le coup de pinceau et le mélange inventif de couleurs – du bleu pâle au jaune et au rose à l’arrière-plan – relèvent de l’essence même de l’impressionnisme.

Une loge au theatre au concert RenoirUne loge au théâtre (Au concert) de Pierre-Auguste Renoir : Ce n’est pas un hasard si l’on associe Renoir à l’eau de rose et à l’amour. Il a en effet passé une grande partie de sa carrière à illustrer sa passion pour les formes féminines, à peindre les femmes et leur sensualité dans des tons doux de rose, sans jamais lésiner sur les détails éloquents. Ici, deux jeunes filles au teint de fleur attendent patiemment dans une loge de théâtre au voluptueux décor de velours. Contrairement à ses camarades impressionnistes, Renoir était fasciné par les scènes de vie urbaine plutôt que par les cadres pastoraux.

Danseuses au foyer d’Edgar Degas : Réputé pour ses innombrables peintures de ballerines (elles sont reproduites sur les tasses et les parapluies dans toutes les boutiques muséales du monde), Degas a rarement composé l’espace de son tableau de manière aussi intéressante que dans celui-ci. Une grande partie de l’avant-plan est dominée par un grand espace vide. Cet espace libre, qui fait ressortir les jolies danseuses et leurs accessoires colorés, montre l’influence de la gravure sur bois japonaise exercée par cet artiste français.

Jeune Chretienne Paul GauguinJeune Chrétienne de Paul Gauguin : Reconnue comme étant l’une des œuvres les plus « modernes » de Gauguin, cette peinture illustre clairement pourquoi on le qualifiait de coloriste sans pareil. Cette fête du jaune donne un rôle secondaire au sujet du tableau, une jeune priante, et privilégie plutôt les qualités formelles et chromatiques – une influence nette du séjour de l’artiste à Tahiti. L’art local et les couleurs vibrantes de l’environnement naturel de l’île ont encouragé le peintre à jouer avec les masses de couleur et à utiliser une palette non réaliste.

 

INFORMATION

Une histoire de l’impressionnisme, du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013

Musées des beaux-arts de Montréal, 1380, rue Sherbrooke Ouest, 514 285-2000

Jean-Léon Gérôme, 1824, Vesoul – 1904, Paris, Charmeur de serpents, vers 1879, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, 1955.51; Berthe Morisot, Bourges, 1841 – Paris, 1895, Le Bain, 1885-1886, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts (photo : de Michael Agee); Pierre-Auguste Renoir, Limoges, 1841 –Cagnes-sur-Mer, 1919, Une loge au théâtre (Au concert), 1880, huile sur toile, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts (photo : Michael Agee); Paul Gauguin, Paris, 1848 – Atuona, îles Marquises, 1903, Jeune Chrétienne, 1894, huile sur toile, 65,3 cm x 46,7 cm, Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts (photo : Michael Agee).

Texte traduit de l’anglais.

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